Intervention
Rhinoplastie médicale
La rhinoplastie médicale remodèle le nez avec de l’acide hyaluronique injecté, sans opération. Elle est rapide, temporaire, et elle ne fait qu’ajouter du volume : elle ne peut donc ni réduire un nez ni améliorer la respiration. Le nez est le site le plus souvent en cause dans les cas publiés de cécité après injection, et la plupart de ces patients n’ont jamais récupéré la vue.
En bref
- Combien de temps cela dure
- 8 à 12 mois en généralGarder le résultat suppose de recommencer.
- Quantité habituelle
- Couramment moins de 1 mLUne série de 5 000 traitements donne 0,72 mL en moyenne, posés en micro-bolus d’au plus 0,1 mL par point, et de 0,02 mL près de la pointe.
- Peut-elle réduire un nez
- NonElle ajoute du volume et ne retire ni os ni cartilage.
- Effet sur la respiration
- AucunElle ne traite ni une cloison déviée, ni un affaissement de valve, ni aucune autre cause d’obstruction.
- Effets indésirables mineurs
- Fréquents, surtout rougeur et gonflementL’incidence globale des complications était de 39,11 pour cent dans une revue de 9 657 patients, dont 27,95 pour cent d’érythème et de gonflement.
- Complications vasculaires graves
- Rapportées jusqu’à 0,27 pour centUne occlusion vasculaire peut provoquer une nécrose cutanée, un accident vasculaire cérébral ou une cécité définitive, et le nez est le site le plus fréquent dans les cas publiés.
Rhinoplastie médicale, rhinoplastie sans chirurgie et injection du nez désignent un seul acte : un gel injecté en quelques points du nez pour en modifier le contour.
Le nom français contient le mot rhinoplastie et l’acte n’en est pas une. C’est une injection : elle ajoute du volume, ne retire ni os ni cartilage, et n’ouvre pas le passage de l’air. Cette page commence par cette différence parce que le nom la cache.
Injection et chirurgie sont mises face à face ici.
Ce que l’acide hyaluronique peut changer, et ce qu’il ne peut pas
Une revue systématique actualisée parue dans Aesthetic Plastic Surgery a couvert 30 études et 9 657 patients, l’acide hyaluronique représentant 96,76 pour cent des traitements. On l’emploie couramment pour :
- Camoufler une petite bosse, en ajoutant du volume au-dessus et en dessous pour que le profil se lise plus droit.
- Relever une pointe peu projetée ou légèrement tombante.
- Combler une dépression ou un contour en selle là où l’arête est basse.
- Lisser de petites irrégularités, y compris certaines restées après une chirurgie du nez.
Une autre revue systématique de 16 études et 652 patients rapporte un résultat satisfaisant dans 93 pour cent des cas, avec une fourchette de 75 à 100 pour cent selon les études, qui traitaient des problèmes convenant à la méthode. Ce n’est donc une prédiction pour aucun nez.
Les données publiées sont précises sur les limites. L’injection ne peut pas traiter une grosse bosse, une déviation importante, un changement important de rotation de la pointe, un problème de structure majeur, ni une gêne respiratoire et une obstruction nasale.
Elle ne peut pas réduire un nez : camoufler une bosse rend le nez marginalement plus grand. Elle ne fait rien pour une cloison déviée, une valve nasale interne étroite ou une obstruction par les cornets, qui relèvent de la chirurgie fonctionnelle.
Remodeler le cartilage de la pointe est la rhinoplastie de la pointe. Un affaissement ou une perte de structure après une opération relèvent d’une reprise.
De la rougeur à la cécité
L’essentiel de ce qui va mal est mineur et cède en général. Cette revue de 9 657 patients situe l’incidence globale des complications à 39,11 pour cent, surtout de l’érythème et du gonflement, à 27,95 pour cent.
Le risque grave est d’une autre nature. Un produit injecté dans une artère, ou qui la comprime, peut bloquer l’apport de sang à la peau et provoquer une nécrose.
En remontant vers la circulation ophtalmique, il peut bloquer l’apport de sang à l’oeil et provoquer une cécité brutale et définitive. Il peut aussi provoquer un accident vasculaire cérébral.
Dans la même revue réunie, les complications vasculaires graves, cécité, nécrose cutanée et accident vasculaire cérébral, étaient rapportées jusqu’à 0,27 pour cent. Peu fréquentes, et non réversibles.
La hyaluronidase dissout l’acide hyaluronique et aide en cas de résultat non voulu ou d’atteinte vasculaire précoce au niveau de la peau, mais elle est bien moins fiable une fois l’oeil en cause. Réversible ne veut pas dire sans danger.
Une vision qui change est une urgence
Une peau blanche ou marbrée, une douleur intense ou croissante, tout changement de la vision ou une douleur autour de l’oeil peuvent signaler une occlusion vasculaire. Cela demande un avis médical immédiat, pas d’attendre de voir si cela passe.
Ce que montrent les cas de cécité publiés
Une revue de 2024 parue dans l’Aesthetic Surgery Journal a rassemblé 511 cas publiés de cécité après injection.
- Les cas vont de 1906 à 2023. Parmi eux, 365 ont été publiés entre septembre 2018 et mars 2023.
- Le nez était le site le plus fréquent de tous, à 40,6 pour cent des cas récents et 37,4 pour cent sur toute la période, devant le front et la glabelle.
- L’acide hyaluronique représentait 79,6 pour cent des cas récents, donc un produit à base d’acide hyaluronique n’enlève pas ce risque.
- Le devenir visuel était documenté dans 318 cas. Parmi eux, 6,0 pour cent ont récupéré complètement, 25,8 pour cent partiellement et 68,2 pour cent pas du tout.
- Des complications du système nerveux central étaient présentes dans 34,0 pour cent des cas, et 19,2 pour cent montraient un tableau évoquant un accident vasculaire cérébral.
La hyaluronidase rétrobulbaire a amélioré la vision dans 2 tentatives sur 38, soit 5,3 pour cent. Les auteurs écrivent que la prévention reste la stratégie la plus efficace, parce qu’aucun traitement n’a atteint la significativité statistique.
Comment cela se fait, et combien de temps cela dure
- La séanceLe produit est posé en micro-bolus contrôlés d’au plus 0,1 mL par point, et de 0,02 mL près de la pointe.
- Les premiers joursDes bleus et un gonflement aux points d’injection sont fréquents. Beaucoup de gens reprennent leur activité le jour même.
- Mois 8 à 12Le résultat s’efface. Les données publiées situent la durée entre huit mois environ et un an, et la série de 5 000 cas donne 9 à 12 mois.
Cette série de 5 000 traitements couvre 2015 à 2019 et a été rapportée par l’American Society of Plastic Surgeons. Elle donne 0,72 mL en moyenne, et des signes d’occlusion vasculaire sont survenus dans 0,5 pour cent des cas, traités en rétablissant la circulation ou par hyaluronidase immédiate.
Ces chiffres viennent d’une seule pratique expérimentée à fort volume et ne peuvent pas être supposés valables ailleurs.
Environ 32 pour cent de cette série est revenue pour un nouveau traitement à 12 mois, et chaque répétition porte le même profil de risque que la première. L’injection n’est pas non plus une répétition générale avant la chirurgie : elle ajoute là où la chirurgie retirerait, donc elle ne peut pas montrer d’avance une réduction.
Injection ou chirurgie
La chirurgie n’est pas automatiquement mieux. Elle n’est pas réversible, se fait le plus souvent sous anesthésie générale, et la convalescence se compte en semaines avec environ un an de stabilisation.
Aucune des deux n’est meilleure en général : le choix tient à ce que vous voulez changer. La taille, la structure et la respiration sont des questions chirurgicales.
Qui injecte compte plus que le produit
Demandez la qualification médicale de la personne qui injecte, si de la hyaluronidase est en stock sur place avec un protocole écrit en cas de suspicion d’occlusion vasculaire, et qui est responsable si une complication apparaît après votre retour. Les trois se répondent par écrit, et nos médecins y répondront.
Questions à poser à la chirurgienne ou au chirurgien
Emportez-les en consultation. L’aide-mémoire de consultation est fait pour être imprimé et annoté, et les médecins de notre page médecins répondent aux questions envoyées par ce site avant votre départ.
- Quelle est votre qualification médicale, et est-ce vous qui injecterez ?
- De la hyaluronidase est-elle en stock dans cette pièce, et quel est votre protocole écrit si vous suspectez une occlusion vasculaire ?
- Ce nez a-t-il déjà été opéré ou injecté, et qu’est-ce que cela change à l’endroit où le produit peut être posé sans danger ?
- Que va changer exactement cette injection sur mon nez, et que ne changera-t-elle pas ?
- Qui dois-je contacter, et où dois-je aller, si ma vision change après mon retour ?
- Si le résultat n’est pas celui que je voulais, le dissoudrez-vous, et à quelles conditions ?
Sources
Chaque source ci-dessous a été ouverte et vérifiée. Nous renvoyons à des autorités de santé, à des revues à comité de lecture et à des sociétés savantes, et à rien d’autre.
- Nonsurgical rhinoplasty: an updated systematic review of technique, outcomes, complications and their treatmentAesthetic Plastic Surgery, via PubMedÉtat actuel des données sur ce que l’acide hyaluronique peut et ne peut pas faire, et son profil de complications.
- A consensus on minimizing the risk of hyaluronic acid embolic visual lossAesthetic Surgery Journal, via PubMed CentralConsensus d’experts sur le risque rare mais grave d’occlusion vasculaire. Mis en lien parce que ce risque ne doit pas être minimisé.
- Dermal filler risks and safetyAmerican Society of Plastic SurgeonsRecommandations d’une société savante sur le risque lié aux injections.