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Nez bouché la nuit : un seul côté, et pire une fois allongé
Deux mesures différentes éclairent chacune une moitié de ce que vous observez. Le débit d’air alterne tout seul entre les deux narines, ce qu’on appelle le cycle nasal. Et la résistance nasale monte quand on s’allonge. Les deux ont été mesurées sur des populations nommées, que cette page porte avec les chiffres. Ce qu’elles ne disent pas, c’est ce que vous avez : ce site ne pratique aucun examen.
En bref
- L’alternance
- Les 33 ont tous cycléDans une étude publiée dans PLOS ONE en 2016, le débit nasal a été enregistré pendant environ vingt-quatre heures chez 33 adultes droitiers en bonne santé, dont 18 femmes, d’âge moyen 30,3 ans. Les auteurs écrivent que tous les sujets ont cyclé, et signalent eux-mêmes n’avoir fait examiner le nez d’aucun participant par un médecin.
- La durée d’un côté
- 2,15 heures en moyenneMoyenne de population, avec un écart-type de 1,84, dans ces 33 sujets. Les durées individuelles vont de 15 minutes, qui est le minimum autorisé par leur analyse et non une mesure, à 10,35 heures.
- Éveil et sommeil
- 2,02 contre 4,5 heuresLes mêmes auteurs trouvent un cycle plus long pendant le sommeil que pendant l’éveil, avec un écart-type de 1,7 dans les deux cas.
- Une fois allongé
- 0,18 Pa s/cm3Écart de résistance nasale entre avant et après le passage en position couchée, dans une méta-analyse publiée dans The Laryngoscope en 2022 réunissant neuf études et 291 personnes. Ses auteurs concluent que la position couchée augmente la résistance nasale.
Un nez bouché qui dure une semaine et un nez bouché qui revient chaque nuit ne posent pas la même question. Celle de la nuit a deux moitiés : le côté qui bouche change tout seul, et la gêne augmente une fois allongé. Chacune des deux a été mesurée, et chacune l’a été sur une population nommée.
Pourquoi un seul côté à la fois
Le débit d’air est plus grand dans une narine que dans l’autre, et il alterne entre les deux avec une périodicité qu’on appelle le cycle nasal. Une étude publiée dans PLOS ONE en 2016 l’a enregistré en continu pendant environ vingt-quatre heures chez 33 adultes droitiers en bonne santé, dont 18 femmes, d’âge moyen 30,3 ans.
Tous les sujets ont cyclé, écrivent les auteurs. La durée pendant laquelle une narine domine a beaucoup varié d’une personne à l’autre : de 15 minutes, le minimum autorisé par leur analyse, à 10,35 heures, pour une moyenne de population de 2,15 heures avec un écart-type de 1,84. Cette borne basse est une limite de méthode et non une mesure, et elle voyage avec la fourchette. Les mêmes auteurs trouvent le cycle plus long pendant le sommeil que pendant l’éveil : 4,5 heures contre 2,02, avec un écart-type de 1,7 de part et d’autre.
Sur qui cela a été mesuré
Ces 33 personnes étaient en bonne santé et n’avaient pas été recrutées pour un nez bouché : les auteurs signalent eux-mêmes n’avoir fait examiner le nez d’aucun participant par un médecin. Aucune des sources ouvertes pour cette page ne dit quelle proportion de gens remarquent cette alternance, ni chez combien elle devient gênante, donc cette page n’en publie aucune.
Allongé : la résistance nasale monte
Une méta-analyse publiée dans The Laryngoscope en 2022 a réuni neuf études, soit 291 personnes, et comparé la résistance nasale avant et après le passage en position couchée. Elle rapporte un écart statistiquement significatif de 0,18 Pa s/cm3 entre les deux mesures, et ses auteurs concluent que la position couchée augmente la résistance nasale et diminue le débit nasal.
Leur analyse en sous-groupes donne 0,20 Pa s/cm3 chez les personnes qui ronflent ou font des apnées du sommeil, contre 0,10 chez les personnes en bonne santé. Pour le débit, trois études portant sur 32 témoins sans symptôme donnent un écart de 47,33 ml par seconde. Ce sont des moyennes de groupes, pas une prévision pour votre nuit.
Sur le mécanisme, un éditorial paru dans Archivos de Bronconeumología en 2021, signé du même premier auteur, écrit que trois hypothèses principales ont été proposées. Le mot est le leur :
- Une stase veineuse du nez en position couchée, appuyée par le fait que la résistance nasale augmente quand la veine jugulaire interne est comprimée
- Un réflexe passant par des barorécepteurs profonds, puisque la résistance monte aussi quand l’artère axillaire ou les côtés du corps sont comprimés, sans qu’il faille être couché
- Une augmentation du tonus parasympathique en position couchée, qui repose surtout sur des études animales
Le côté sur lequel vous dormez
La même étude de 2016 a noté la position du corps pendant l’enregistrement. Se coucher sur un côté était associé à un débit plus grand dans la narine opposée, avec un p inférieur à 0,002 : se coucher sur le côté gauche déplace la respiration vers une dominance droite, et inversement. C’est une association : chaque sujet portait un capteur de position, et les auteurs ne donnent pas de nombre de sujets pour cette comparaison.
Ce que cette page ne vous dit pas de faire
Aucune des sources ouvertes pour cette page ne dit quelle position adopter, ni qu’un côté, un oreiller ou une hauteur de tête soulage quoi que ce soit. Ce site ne pratique aucun examen et ne vous dira pas ce que vous avez. Il rapporte ce que des mesures ont trouvé, et sur qui.
Ce que ce schéma dit, et ce qu’il ne dit pas
Une gêne qui change de côté n’est pas à elle seule un motif d’opération. L’essai randomisé qui a comparé la septoplastie au traitement médical a posé sa question chez 378 adultes de plus de 18 ans, dans 17 hôpitaux du NHS britannique, et elle portait sur l’obstruction nasale associée à une déviation de la cloison. C’est cette population qui a été étudiée, pas une gêne qui alterne. Le billet qui lui est consacré porte ses chiffres.
Une gêne fixée du même côté, nuit après nuit, est une autre observation. Celle-là se fait regarder, et ce qui peut en être à l’origine est exposé sur la cloison nasale déviée ainsi que sur la valve nasale et sur les cornets du nez.
Le spray décongestionnant, selon les Manuels MSD
Les Manuels MSD, version grand public, écrivent que ces sprays ne doivent être utilisés que trois jours, parce qu’au-delà, quand l’effet se dissipe, la muqueuse gonfle souvent encore plus qu’avant, et ils appellent rhinite médicamenteuse l’obstruction sévère provoquée par plus de trois jours d’usage continu. La même page ne dit rien du cycle nasal ni de la position couchée. L’aide-mémoire de consultation a la place pour noter, sur quelques nuits, quel côté bouche et quand.
Questions à poser à la chirurgienne ou au chirurgien
Emportez-les en consultation. L’aide-mémoire de consultation est fait pour être imprimé et annoté, et les médecins de notre page médecins répondent aux questions envoyées par ce site avant votre départ.
- Ce que je décris change de côté, ou reste du même côté : est-ce que cela change ce que vous cherchez ?
- Qu’avez-vous vu à l’intérieur de mon nez, et avec quel instrument ?
- Ma gêne est-elle présente le jour aussi, et avez-vous une façon de la mesurer avant de décider ?
- Si plusieurs choses contribuent à la fois, laquelle traiteriez-vous, et qu’advient-il des autres ?
- Est-ce que je ronfle ou fais des pauses respiratoires la nuit, et qui regarde cela ?
- Depuis combien de temps utilise-t-on un spray chez moi, et faut-il en reparler avant toute décision ?
Sources
Chaque source ci-dessous a été ouverte et vérifiée. Nous renvoyons à des autorités de santé, à des revues à comité de lecture et à des sociétés savantes, et à rien d’autre.
- RhinitisMSD Manual, Consumer VersionOuvrage de référence grand public indiquant que le nez bouché et l’écoulement de la rhinite vasomotrice surviennent lorsque les allergies ne semblent pas présentes, que les sprays décongestionnants ne doivent être utilisés que 3 jours parce que la muqueuse gonfle souvent encore plus qu’avant quand l’effet se dissipe, et que la rhinite médicamenteuse, aussi appelée congestion rebond, est une obstruction sévère causée par plus de 3 jours d’usage continu de ces sprays et gouttes, le tout sans dénominateur.
- Effectiveness of septoplasty compared to medical management in adults with obstruction associated with a deviated nasal septum: the NAIROS RCTHealth Technology Assessment, via PubMedLa monographie de revue de l’essai NAIROS, dont le résumé compte 132 événements indésirables dans le bras chirurgical et 95 dans le bras médical, chez 378 adultes répartis entre 188 pour la septoplastie et 190 pour le traitement médical, dont 14 graves contre neuf, sans en détailler aucun.
- Measuring and characterizing the human nasal cyclePLOS ONEÉtude en accès libre (Kahana-Zweig et ses collègues) qui a enregistré le débit nasal pendant environ vingt-quatre heures chez 33 sujets droitiers en bonne santé, dont 18 femmes, d’âge moyen 30,3 plus ou moins 9,9 ans, chacun équipé du dispositif le matin du jour de l’expérience et revenant le lendemain matin à la même heure. Elle indique que le débit est plus grand dans une narine que dans l’autre et alterne d’une narine à l’autre avec une périodicité appelée cycle nasal, que tous les sujets ont bien cyclé mais que la durée de dominance d’une narine est allée de 15 minutes, chiffre que l’article signale lui-même dans sa propre parenthèse comme le minimum autorisé par son analyse, à 10,35 heures, que la longueur de cycle moyenne de la population était de 2,15 plus ou moins 1,84 heures, que la longueur de cycle était plus grande pendant le sommeil que pendant l’éveil (4,5 plus ou moins 1,7 heures contre 2,02 plus ou moins 1,7 heures), et que se coucher sur un côté était associé à un débit plus grand dans la narine opposée (p inférieur à 0,002). Chaque sujet portait aussi un enregistreur d’accélération miniature à trois axes, mais le résultat de position est une analyse de variance à un facteur sur neuf catégories de position, F(8,168) = 7,01, avec une différence post-hoc de Tukey entre le côté gauche et le côté droit à p inférieur à 0,002, et L’ARTICLE N’ÉNONCE EN MOTS AUCUN NOMBRE DE SUJETS POUR CETTE COMPARAISON, même si ses degrés de liberté en impliquent 22 ; le seul effectif écrit à proximité est celui de la légende de la figure 10A, regroupée sur 23 sujets, qui est la vérification d’artefact portant sur les changements de position et non cette comparaison. Elle ne donne aucune proportion de personnes qui remarquent cette alternance, et sa propre discussion signale comme faiblesse que les auteurs n’ont pas soumis les participants à un examen nasal par un médecin.
- The recumbent position affects nasal resistance: a systematic review and meta-analysisThe Laryngoscope, via PubMedRevue systématique et méta-analyse (Calvo-Henriquez et ses collègues, The Laryngoscope 2022 ;132(1) :6-16) dont le résumé indique que neuf études, soit 291 personnes au total, ont été incluses dans la méta-analyse de la résistance nasale après passage en position couchée, qu’elle trouve un écart statistiquement significatif de résistance nasale de 0,18 Pa s/cm3 entre avant et après ce passage en rhinomanométrie, que l’analyse en sous-groupes donne 0,20 Pa s/cm3 chez les personnes qui ronflent ou font des apnées du sommeil et 0,10 Pa s/cm3 chez les personnes en bonne santé, que trois études portant sur 32 témoins sans symptôme donnent un écart de débit nasal de 47,33 ml par seconde, et que la position couchée augmente la résistance nasale et diminue le débit nasal. Le résumé imprime les effets regroupés avec un signe négatif parce que le critère était défini comme la différence avant et après, et il ne donne aucun intervalle de confiance.
- Positional nasal congestion. Sleep apnea's forgotten cousinArchivos de BronconeumologiaÉditorial (Calvo-Henriquez, Abelleira et Gonzalez-Barcala, Arch Bronconeumol 2021 ;57(7) :453-4), que la page de la revue signale elle-même comme un éditorial, indiquant que trois hypothèses principales ont été proposées pour expliquer la hausse de la résistance nasale en position couchée : une stase veineuse du nez, appuyée par le fait que la résistance nasale augmente quand la veine jugulaire interne est comprimée ; un réflexe passant par des barorécepteurs profonds, puisque la résistance augmente quand l’artère axillaire ou les côtés du corps sont comprimés sans qu’il faille être couché ; et, à partir surtout d’études animales, une augmentation du tonus parasympathique en position couchée. Le mot hypothèses est celui de l’éditorial, et son premier auteur est aussi le premier auteur de la méta-analyse, ce qui en fait une confirmation non indépendante.